Un "service citoyen" obligatoire ou volontaire ?

« J’aurais envie de dire que ça devrait être obligatoire pour tous, jeunes hommes et jeunes femmes parce que ça fait partie d’un apprentissage, ça pourrait être une bonne leçon de vie. » Alexandra Pittet

« Il ne faudrait pas écarter tout de suite la possibilité d’un service citoyen obligatoire, en améliorant la formule actuelle [du service civil ndlr] et en se disant qu’il doit être à disposition de l’ensemble des membres de la population [...] » Yannick Cochand


Certaines personnes s’appuient sur le principe de la dette sociale pour justifier une éventuelle obligation d’un tel service à la communauté, particulièrement pour les jeunes entre 18 et 25 ans.

Ce service constituerait alors une sorte de nouveau rite de passage à la vie active et remplacerait (après des décennies d’imposition communément admise) celui de l’armée, qu’une majorité de personnes parvient de toutes façons à éviter, par différents moyens et pour différentes raisons. On passerait ainsi du rite du citoyen-soldat au citoyen-pacifiste.

Dans notre société actuelle, il n’y a plus de raisons d’apprendre à se battre physiquement et par les armes pour devenir un bon citoyen. Dans notre dite démocratie, nous avons bien plus besoin de rites nous permettant de redévelopper le sentiment d’appartenance à une communauté, de conscience collective et le sens de l’engagement citoyen pour une meilleure cohésion sociale. Comme le reconnait Yannick Cochand, l’armée avait l’avantage de rassembler des citoyens de toutes classes socio-économiques et de toutes origines pour développer les aptitudes à une vie en commun. S’il est regrettable que cela soit dirigé dans une optique militaire, il faut garder en tête que l’imposition d’une vie collective (ayant pour objectif de développer l’entraide et la solidarité, le respect de l’autre, le sentiment d’appartenance, etc) peut avoir du sens dans une société sur-individualiste.

Mais il faut reconnaître que la forme actuelle de l’armée apprend surtout au citoyen à obéir et à se conformer aux exigences de la hiérarchie en ne tenant aucunement compte de la diversité et des qualités humaines de chacun. Hans Christoph Binswanger et Yolanda Kappeler défendent également leur point de vue sur l’obligation dans le récent article « Le travail au service de la communauté ». La proposition vise la situation suisse, mais pourrait être extensible à tous les pays européens d’après les auteurs. Ils défendent leur point de vue en argumentant sur le devoir envers sa communauté inhérent à tout citoyen.