Un nouveau rite de passage à la citoyenneté

« Au niveau des jeunes, peut-être là on est plus dans une logique obligatoire […] mais il faudrait vraiment qu’il y ait un sens, que ce soit construit avec les différents partenaires […] mais alors vraiment dans une logique rituelle à proprement parler. C’est une expérience qui leur permettra de devenir adulte » Michel Monnier

Le service citoyen pourrait jouer le rôle de rite initiatique citoyen ce qui impliquerait alors une valorisation de cette expérience, un passage à un autre état, à une autre condition. Par exemple que les personnes en situation irrégulière acquiérent ainsi un statut et donc le droit de vote.

Partant d’une idée plus que logique et acceptable qu’il est préférable d’enseigner à faire la paix plutôt que la guerre, on peut relever que la première ne peut être acquise qu’à partir de la conception d’une citoyenneté universelle et participative. Ainsi, le service civil a démontré qu’il était une véritable école de vie favorisant le vivre-ensemble en recréant du lien social dans une perspective formatrice. Toutefois, le défaut de ce système est qu’il est profondément individualisant dans le sens que cela dépend d’une démarche individuelle et non d’un projet collectif. De plus, le choix des missions est limité et des affectations prioritaires empêchent un réel libre choix.

« Comment est-ce qu’on pourrait rendre ce service citoyen vraiment collectif ? Comment est-ce qu’on pourrait amener des gens, dans le cadre de ce service, à penser des projets ensemble et interagir ensemble ? » Yannick Cochand

Malgré tout, les inconvénients de l’obligation d’une telle mesure, sur le modèle de l’armée, sont nombreux. En effet, le risque d’effets contre-productifs est élevé et cela pourrait entraîner chez les jeunes adultes de la démotivation voir du dégoût envers l’engagement communautaire et la participation citoyenne. De plus, l’aide sensée être apportée à l’association accueillant le volontaire démotivé pourrait vite se transformer en boulet. Par ailleurs, l’obligation amenant forcément des cas d’objection, que ferions-nous des objecteurs ?

« Je pense que le vote, le fait de défendre la patrie ou de s’investir pour la société doit être quelque chose de volontaire. Du moment où ça devient quelque chose d’obligatoire, ça perd de son sens. » Enrico Cambi

Pour ces raisons, nous pensons qu’il est sûrement préférable et plus pertinent de proposer ce service sous une forme volontaire, mais dès l’âge de 16 ans (alors sous autorisation parentale), pour les jeunes sortant du système de formation obligatoire sans vocation particulière, dépourvus des diplômes nécessaires ou pour toute autre personne intéressée. Volontaire mais « obligatoirement proposé » : de façons à ce que toute personne susceptible d’être intéressée puisse en être informée et savoir que cette opportunité existe. L’aspect collectif doit être valorisé dans le service citoyen en laissant l’opportunité à de petits groupes de travailler ensemble sur un projet. Cela dans le but de répondre à l’un des enjeux principaux, soit recréer des liens sociaux, de la solidarité, un mieux-vivre ensemble et davantage de participation citoyenne.

« Il faut que ca soit quelque chose qui soit présenté comme un cadeau que la personne donne à la communauté et qu’elle se donne à elle-même » Yasmina Tippenhauer