Les volontaires

  

« [La personne] va s’enrichir énormément d’une expérience, de quelque chose qu’elle va apporter à d’autres personnes. Elle va peut-être bénéficier d’une formation, d’un encadrement, d’une expérience qu’elle peut considérer soit d’un point de vue associatif ou professionnel, soit d’un point de vue du développement personnel. » Gaétan Morel

L’accès élargi du service citoyen (en comparaison au service civil) à toutes les personnes résidentes dès l'âge de 16 ans, est conçu dans le sens que tout un chacun a quelque chose à apporter à la société et doit pouvoir contribuer à la vie collective d’une manière ou d’une autre s’il le souhaite...


Les jeunes

« Après l’école, soit effectivement à 16 ans, s’ils n’ont pas trouvé de place d’apprentissage », « pour qu’ils voient un sens dans leur vie et pour qu’ils puissent participer à la construction de cette société » Maria Roth-Bernasconi

Nous pensons que les jeunes sont une population cible prioritaire pour ce service citoyen dans le contexte actuel de morosité socioéconomique où les valeurs individualistes et de compétition prédominent et où les perspectives d’avenir sont sombres. Alors qu’ils peinent souvent à trouver une place de stage ou un travail, cela leur permettrait d’avoir une activité reconnue, source de rencontres différentes, de développement d’intérêts voire de vocations et de faire une expérience enrichissante et valorisée. Nous estimons que ce service devrait aussi être accessible aux mineurs entre 16 et 18 ans, par exemple dans le cadre du système scolaire du primaire et du secondaire. Il constituerait alors une forme pratique d’éducation citoyenne.

Les femmes

« On est en 2010, il serait temps de se reposer la question de savoir s’il n’y a vraiment que les hommes qui devraient servir leur pays ? » Alexandra Pittet

“On remarque de plus en plus de femmes intéressées à faire du service civil et qui, finalement, n’ont pas accès à cette possibilité” Jérôme Strobel

Les femmes qui n’ont pas accès au service civil auraient ainsi l’opportunité de s’engager pour leur communauté au même titre que les hommes. Ce qui rétablirait une certaine égalité du point de vue de l’exercice de leur citoyenneté. Cela valoriserait aussi certaines taches réalisées par les femmes telles que les gardes d’enfants, leur accompagnement à l’école, leur prise en charge au niveau extrascolaire et d’autres activités favorisant le lien social.

Les personnes en situation précaire

Le service citoyen pourrait aussi représenter une forme de réinsertion et de valorisation pour les personnes marginalisées (ex-prisonniers, bénéficiaires de l’aide sociale, de l’AI, chômeurs de longue durée, personnes en situation d’handicap ou toxicomanes) de notre société.

Personne souhaitant faire une pause professionnelle

« Imaginons quelqu’un qui a une vie très stressante, un travail très prenant et qui, à un moment [de sa vie ndlr] se dit : stop ! J’ai maintenant envie de prendre six mois pour prendre du recul et faire quelque chose pour la collectivité » Jérôme Strobel

Dans notre société, le travail prend une place prépondérante voir centrale car il semblerait que les individus soient valorisés par leurs pairs en fonction de leur activité professionnelle et le temps qu’ils y consacrent. Cet aspect, lié aux conditions de travail qui deviennent de plus en plus précaires et aux opportunités d’emplois qui se raréfient, ce qui a pour conséquence de générer certains mal-êtres qui à l’extrême cause des problèmes de santé importants : « burn-out », dépressions, maladies cardiovasculaires, cancers etc. Ce qui a un coût important pour la société. On pourrait imaginer qu’un service citoyen soit une opportunité de réaliser une pause dans son parcours professionnel qui peut être à la fois bénéfique pour l’employé, qui a ainsi l’opportunité de découvrir un domaine différent de celui dont il est habitué, ainsi que pour l’entreprise qui ainsi prévient à ce que son employé développent des problèmes de santé.

Les personnes du 3e et 4e âge

A travers ce service citoyen, les personnes âgées et retraitées qui souffrent souvent de solitude et d’isolement pourraient également mettre leur temps et leur compétences à disposition de la communauté, se sentir utiles et valorisées, tout en développant de nouveaux liens sociaux.

« Ca pourrait être un moyen de connecter justement ces gens qui se retrouvent […] exclus, qui se retrouvent marginalisés alors qu’ils avaient peut-être une situation qui était tout à l’inverse durant leur vie professionnelle » Jérôme Strobel

Les non-suisses

« Intégrer les étrangers c’est, je pense, un point extrêmement important. C’est important que les populations étrangères puissent avoir les moyens de s’intégrer, de pouvoir connaître la société dans laquelle elles arrivent, mais aussi de se rendre utiles, d’avoir l’impression d’avoir un rôle à jouer et du coup, c’est là qu’on met le moteur de l’intégration en marche. » Jérôme Strobel

Les non-suisses en situation régulière, tous permis confondus [1] , en plus de leur droit de vote au niveau municipal, pourraient ainsi avoir accès à ce type d’opportunités de participation citoyenne leur permettant de contribuer au devenir de la société dans laquelle ils vivent. Selon nous, ce service devrait même être accessible aux personnes sans statut légal à la condition que leur engagement soit reconnu, par exemple par une régularisation de leur statut et l’obtention de droits politiques, malgré que cela semble improbable dans le contexte politique suisse actuel…

Un gain pour le volontaire, pour le lieu d’accueil et pour la société

Les citoyens qui souhaitent formuler des nouvelles propositions de « missions » citoyennes, pourraient bénéficier d’un accompagnement approprié et être auditionnés pour les présenter et les défendre devant la commission des projets de service citoyen. Il serait pertinent de pouvoir stimuler le développement de projets citoyens collectifs pour encourager le travail en équipe et générer une conscience collective. Des projets pourraient effectivement être formulés par un groupe de personnes dans une idée d’encouragement au travail d’équipe. Ils seraient alors soumis aux mêmes conditions de validation et d’évaluation que les projets émanent d’individus et favoriseraient ainsi le développement et la gestion de projets en commun au niveau des immeubles et des quartiers.

« A partir du moment où ce service citoyen venait à exister, il y aurait peut-être des tas de vocations qu’on ne soupçonnerait pas. » Riccardo Rodari

Il doit pouvoir s’avérer profitable au volontaire comme à l’association qui l’accueille. En ce sens, le service citoyen doit être suffisamment attractif pour pouvoir attirer des personnes qui y trouveraient un intérêt au niveau de l’expérience et de la formation qu’ils peuvent en retirer sur le plan du développement personnel.

« Forcément cela [Le service citoyen] amènerait un plus à l’association [..] et aussi aux gens qu’ils le font, qui découvrent le domaine social alors qu’ils ne le connaissent pas du tout, parce qu’ils font autre chose » Enrico Cambi


[1] « En 2008, la population résidante du canton s’élève à 453 439 personnes : 176 390 étrangers (39 % du total) et 277 049 Suisses (61 %). » Office cantonal de la statistique (OCSTAT)